S’arrêter pour sentir les roses…

“Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie”
Pierre de Ronsard,
Sonnets pour Hélène, 1587 

Screen Shot 2014-03-07 at 17.02.15Dans l’excellente série TV Les Sopranos, Tony Soprano, parrain de la mafia du New Jersey, reste plusieurs jours dans le coma suite à une balle, tirée par son oncle Junior, pris d’une crise de sénilité. À son réveil, il se rend compte de la chance qu’il a d’être vivant après être passé si près de la mort. Se confiant à sa psychiatre (Tony souffre de crises d’angoisses) et à qui veut bien l’entendre, il annonce sa volonté de savourer un peu plus la vie et de s’arrêter pour sentir les roses… Mais bientôt, les affaires et les problèmes reprennent le dessus, et Tony Soprano en oublie ses bonnes résolutions, lui valant la réplique de la part de son neveu Christopher: “Whatever happened to “stop and smell the roses”?” (Il lui demande ce qu’est devenue sa résolution de s’arrêter pour sentir les roses.)

C’est la question que pourraient se poser beaucoup d’entre nous. Dans la cohue de nosScreen Shot 2014-03-07 at 17.22.40 activités quotidiennes, métro, boulot, dodo, on oublie de s’arrêter pour être simplement présent aux choses. Parfois les événements de la vie, qu’ils arrivent à nous ou à des proches, ou même une histoire dont on entend parler, nous rappellent que la vie est courte, et qu’elle n’est pas qu’une course au temps et aux activités. Et qu’il faut prendre aussi le temps de s’arrêter et de sentir les roses, de contempler un coucher de soleil, de respirer, de méditer, de consacrer du temps aux gens et aux activités qu’on aime… Prendre le temps de se sentir vivant, tout simplement

Minsgame: un jeu minimaliste…

“Minimalism is a lifestyle that helps people question what things add value to their lives.”
(“Le minimalisme est un mode de vie qui aide les gens à ce demander quelles sont les choses qui ajoutent de la valeur à leur vie”.)
Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus, The Minimalists

Screen Shot 2014-02-28 at 15.58.12Vous êtes décidés à vous séparer du superflu, des objets qui ne vous servent à rien, de ce qui est double, cassé, ou simplement inutile? Participez au  #minsgame. Ce jeu a été inventé par Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus, du célèbre blog The minimalists. Les règles du jeu, pour ceux qui parlent anglais, sont expliquées ici.

Pour les autres, c’est très simple. Il suffit de trouver un voisin, un membre de la famille, un ami, qui a aussi envie de désencombrer son environnement. Le premier jour du mois, chacun débarrasse un objet (vêtement, vaisselle, livre, DVD, etc.), le deuxième jour, chacun se sépare de deux objets supplémentaires, le troisième jour, trois de plus, etc. jusqu’à la fin du mois. Si la première semaine vous paraîtra assez facile, lorsque vous allez arriver au 12ème jour du mois, le vrai challenge commence. Il faut se débarrasser de 12 objets, alors que la veille on en a déjà débarrassé 11, l’avant-veille 10, etc. Celui qui gagne est celui qui va le plus loin dans le jeu. Si chacun des participants arrive à la fin du mois en ayant respecté les règles, ils gagnent tous les deux. Les minimalistes attendent vos commentaire sur Facebook ou Twitter (#minsgame)

J’ai participé au #minsgame au mois de février. Je n’ai ni gagné, ni perdu, parce que je n’ai pas totalement respecté les règles.

  • J’ai découvert le jeu le 1er février, et n’ai donc pas eu le temps de trouver un partenaire de jeu. J’ai donc joué seule.
  • Certains jours, j’ai manqué de temps pour débarrasser les objets nécessaires (surtout après le 15), et je me suis rattrapée les jours où j’ai eu plus de temps (débarrassant l’arriéré plus les objets du jour)
  • Parfois j’ai pris de l’avance et ai débarrassé plus d’objets que nécessaire

L’expérience du jeu: Au départ c’était très facile. Par exemple le jour 2, j’ai débarrassé un vieux set à raclette et une calculatrice cassée, le jour 3 une veste qui avait fait son temps, une planche à découper usagée et une spatule. Y sont passés aussi, en vrac: des petites voitures et figurines abandonnées, des DVDs (digitalisés puis donnés), des livres lus pas destinés à la relecture, etc. Vers le 18, j’ai pensé abandonner, à cours de choses à débarrasser dans l’immédiat (j’ai des objets encombrants dont je veux me séparer, un vieux vélo d’appartement inutilisé et quelques meubles à démonter, mais j’avais besoin d’une aide pas immédiatement disponible), et puis eurêka! j’ai réalisé que j’avais une boîte à photos: des photos en vrac, non classées dans mes albums (albums que je veux supprimer au fur et à mesure en numérisant les photos, mais c’est un travail de longue haleine que je n’avais pas le temps d’entreprendre…) et pas triées. C’est devenu plus facile, et j’ai finalement débarrassé plus de photos que je n’en ai compté (des doubles, des photos qui ne mettaient pas les gens en valeur, des paysages mal rendus). Disons que si je les avais toutes comptées, j’aurais pu continuer le jeu une bonne partie du mois de mars.

Bilan du jeu: Au final, je n’ai pas gagné, puisque je n’avais pas de partenaire de jeu, mais je suis gagnante, dans le sens où je me suis séparée d’au moins 406 objets, qui ne m’encombreront plus jamais. Je recommencerai le jeu, mais pas le mois prochain, j’ai besoin d’être mieux organisée la prochaine fois. Cela a été une expérience intéressante, qui m’a donné une leçon d’humilité: je pensais être bien avancée sur le chemin du minimalisme, et me suis aperçue qu’il me restait encore bien du chemin à parcourir

Et vous, allez vous participer au #minsgame? Une nouvelle partie commence demain…

Livre: David Servan-Schreiber, Anticancer

David Servan-Schreiber (1961-2011) était médecin et a enseigné la psychiatrie clinique à l’Université de Pittsburgh. Se rendant compte que la médecine traditionnelle ne guérissait pas tous les maux, il s’est intéressé à des solutions alternatives, aussi bien pour la santé du corps que celle de l’esprit. Guérir, paru en 2003, préconise des approches naturelles pour soigner la dépression ou l’angoisse, tandis qu’Anticancer propose des solutions pour combattre le cancer par l’alimentation et une hygiène de vie, en parallèle d’un traitement traditionnel.

Anticancer est un livre qui a eu un énorme succès à sa sortie, et qui mérite d’être découvert par ceux qui ne le connaîtraient pas encore.

David Servan-Schreiber préconise de booster nos défenses naturelles pour prévenir le fléau, ou même pour lutter contre un cancer déjà déclaré. Il le démontre par plusieurs exemples: il n’est jamais trop tard pour agir et prendre soin de son “terrain”. Se prémunissant contre les attaques pressenties, l’auteur précise bien que ces méthodes en tant que thérapie ne sont pas des alternatives, mais qu’il faut les appliquer parallèlement aux traitements traditionnels, et rajoute qu’il n’y a aucune garantie de succès. Cependant, au pire des cas, ces conseils ne nuisent pas à l’organisme, ils sont sans effet secondaire et accroissent même le bien-être de façon significative: il n’y a donc rien à perdre à les mettre en pratique au plus tôt afin de faire un pari intelligent sur sa santé

Notre alimentation occidentale serait l’un des facteurs qui favoriseraient le plus le cancer: peu de légumes et de fruits, beaucoup de viande rouge, de farines blanches et de sucres raffinés. Pour rétablir la balance alimentaire en notre faveur, Servan-Schreiber conseille de limiter au maximum la consommation de farine blanche et de sucre, celle de viande rouge, d’augmenter notre ration de fruits et de légumes, de rééquilibrer le rapport omega 3/oméga 6 dans notre alimentation, et d’opter, chaque fois que cela est possible, pour le bio, qui ne contient pas de pesticides potentiellement cancérigènes. Servan-Schreiber nous explique que certains aliments présentent plus de propriétés anti-cancérigènes que d’autres, tels que le thé vert, la curcumine, l’ail, ou les choux, pour ne citer que ceux-là.

David Servan-Schreiber nous recommande aussi d’éviter certains produits de nettoyages et cosmétiques, dont la composition contient aussi des substances toxiques. Ce qu’il faut, dit l’auteur, c’est soigner notre terrain, non seulement la tumeur elle-même mais le corps en général, et pas seulement le corps, mais aussi l’esprit, car l’un ne peut fonctionner sans l’autre. Travailler la cohérence entre le corps et l’esprit, c’est faire du sport (même de la marche, 30 minutes par jour), de la relaxation, du yoga, pratiquer la méditation ou encore la cohérence cardiaque. C’est aussi se mettre en paix avec soi-même et avec les autres, résoudre ses traumatismes anciens et revoir en général son rapport aux autres, à soi-même et à l’existence. Anticancer a le mérite d’être un bon ouvrage de synthèse et de vulgarisation, et surtout, de nous faire partager des exemples humains (dont celui de l’auteur) porteurs d’espoir.

David Servan Schreiber, en appliquant ses propres conseils, a survécu une vingtaine d’années à un diagnostic qui ne lui laissait pas espérer plus de deux ans. Une lecture à recommander aux malades mais aussi aux gens en bonne santé et qui entendent le rester…