Leçons de 3 mois de #Minsgame

Getting rid of your stuff feels even better—and is much more fun—when you have an accountability partner.” The Minimalists

misgameDans un précédent article, j’avais expliqué les règles du #Minsgame, instauré par Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus du blog The Minimalists. Après 3 mois non consécutifs de participation au minsgame, j’en ai tiré quelques leçons, partagées ici:

  • De l’importance de rester humble: La première fois que j’ai découvert le minimalisme, par le biais de l’Art de la Simplicité de Dominique Loreau, il y a environ 8 ans, j’ai entrepris de faire du tri et de débarrasser le surplus. Après ces premiers efforts, je me suis dit “ça y est, je suis minimaliste” et je me sentais fin prête à convertir tout le monde à cette nouvelle façon de vivre, alors que j’avais encore énormément de choses inutiles dans les placards. L’année d’après, j’ai encore passé la maison en revue et continué à réduire mes possessions. J’ai découvert au fil des ans, par la lecture de blogs, d’autres minimalistes (The minimalists, Courtney Carver du blog Be more with Less, Leo Babauta du blog Zen Habits, Joshua Becker du blog Becoming Minimalist ou encore Joanne Tatham du blog Vie Simple), et là j’ai pensé être devenue, à mon tour, une véritable minimaliste. J’y étais enfin! Chaque année, après une petite purge supplémentaire de mes possessions (généralement durant l’été), je pensais y être arrivée, là, c’était sûr… Lorsque j’ai participé au minsgame pour la première fois, j’étais persuadée que je ne finirais pas le mois, tant j’étais déjà avancée sur la voie du minimalisme. Résultat: après trois mois de participation, et plus de 1200 objets (attention, un objet n’est pas forcément une armoire, cela peut être une aiguille à coudre ou une carte postale, on arrive donc vite à 1200, nombre qui paraît immense à priori), j’ai appris l’humilité : je sais que je suis sur la bonne voie, aussi bien sur le plan du désencombrement physique que celui du désencombrement mental, mais j’ai compris aussi que je n’y suis pas encore arrivée. J’apprends toujours et j’apprendrais sûrement encore longtemps. Ainsi, ce blog est autant destiné à faire partager mon expérience de la voie du minimalisme, que de me soutenir moi-même dans cet effort.
  • De l’importance de la régularité et de la persévérance: On ne devient pas violoniste ou chirurgien en un jour, ou un mois, ou même un an. On n’apprend pas non plus une langue ou un langage de programmation en un jour. On ne devient pas écrivain en rédigeant quelques phrases bien tournées. Il faut y consacrer du temps, et de la persévérance. Il faut “cent fois sur le métier remettre son ouvrage”. Devenir minimaliste, vivre une vie simple, dans tout ce que cela implique, aussi bien pour son environnement physique que spirituel, ne s’apprend pas non plus en un jour, un mois ou un an. Il y a des moments de doutes (à quoi bon?), de retour en arrière (Je n’en ai pas besoin mais j’achète ceci, “parce que je le vaux bien”), de laisser aller (comme cette habitude de méditation que l’on n’a pas pu soutenir sur le long terme). Trois mois de #minsgame, en me forçant à me focaliser tous les jours pendant trois mois sur le désencombrement physique, m’aura appris que l’effort payant est le résultat combiné de la régularité et de la persévérance. À moi de mettre ensuite cette application de tous les jours aux autres domaines de la vie, comme la méditation, la pratique sportive ou une alimentation saine et équilibrée.
  • De l’importance d’être soutenu par une communauté de gens ayant les mêmes valeurs et les mêmes objectifs: Même si j’ai la chance d’être soutenue au quotidien par la famille proche dans cette recherche de la simplicité (à défaut d’être tout le temps accompagnée activement dans mes efforts!), Twitter m’a permis de trouver une communauté de personnes qui participaient au #Minsgame en même temps que moi, et leur encouragement a été très important, un facteur essentiel au succès de l’aventure. Si vous voulez devenir minimaliste, plutôt que de convertir votre entourage, qui n’a pas forcément les mêmes priorités que vous au même moment (et c’est normal), trouvez des personnes qui parcourent maintenant le même cheminement mental que vous, cela vous soutiendra durablement dans vos efforts.

Nous sommes le 31 août, et un nouveau Minsgame commence demain, allez vous participer ? (rendez-vous dès demain sur Twitter #minsgame)

Les mauvaises raisons qui nous empêchent de nous séparer des livres

« Un lecteur en use avec les livres comme un citoyen avec les hommes. On ne vit pas avec tous ses contemporains, on choisit quelques amis. »

Voltaire, Conseils à un journaliste

booksPour beaucoup de personnes (dont j’ai fait partie), se séparer de ses livres est une chose qui ne va pas de soi. Faire un pas vers plus de simplicité, adopter une attitude plus minimaliste est souvent acceptable quand il s’agit de réduire sa collection de serviettes de toilettes, de bibelots, sa vaisselle ou, à la limite, sa garde-robe. Mais dès que l’on touche aux livres, une barrière mentale s’érige.

  • Les livres sont mes amis. Allez, soyez francs: À part Orgueil et Préjugés (Le Seigneur des Anneaux si vous êtes un homme), dont vous entamez la quatorzième lecture, combien des livres que vous possédez avez-vous relu (ou comptez-vous réellement relire un jour) ? Si vous fréquentez vos amis aussi assidûment que ce livre qui traine dans votre bibliothèque et que vous n’avez pas ouvert depuis 15 ans, ils vont vite vous le reprocher. La lecture est votre amie, mais les livres ne sont que des objets. Si un jour vous voulez relire un livre que vous avez débarrassé, rachetez-le, je suis prête à parier que cela ne vous ruinera pas, ou mieux, empruntez-le à la bibliothèque ! (En 10 ans j’ai racheté 2 livres dont j’ai regretté de m’être débarrassé trop promptement, en comparaison aux centaines qui n’encombrent plus mes étagères et que je ne regrette pas, cela n’est pas grand chose…)
  • Mes enfants les liront quand ils seront grands
    Qui vous dit que vos enfants partageront un jour vos goûts littéraires, ou qu’ils auront envie d’ouvrir un vieux bouquin jauni bien moins sexy qu’une tablette via laquelle des milliers d’ouvrages (à leur goût) sont à portée de clic ? Mon conseil : gardez quelques très bons bouquins, des classiques (le reste se démode), savamment choisis (5 ou 6, pas plus) et mettez-les dans leur chambre, sur leurs étagères, tout en haut, presque inaccessibles. Qui sait? Un jour d’ennui, d’interdiction de jeux vidéos ou de panne d’électricité, ils auront peut-être la curiosité d’en ouvrir un. Qui suffira à leur insuffler le goût des livres… L’amorce sera faite, et pour le reste, ne l’oubliez pas, le monde littéraire est à portée de clic, et beaucoup de classiques y sont disponibles gratuitement…
  • On ne sait jamais… Je pourrais en avoir besoin un jour, les prêter, etc. « On ne sait jamais » est l’argument qui conduira à votre perte. C’est le leitmotiv des hoarders du monde entier, vous savez, ces gens qui ne jettent jamais rien et dont la maison est impraticable. Si vous devez les prêter, ne les prêtez pas, mais donnez-les, maintenant, là, tout de suite. En si un jour, par hasard, vous cherchez ce livre traitant de ce langage informatique que vous vous êtes promis d’apprendre un jour, il sera probablement obsolète !
  • Les livres dans mes étagères montrent à mes visiteurs que je suis une personne cultivée. Ah, que ne ferait-on pas pour le regard des autres! Si les gens qui viennent chez vous vous jugent aux livres qui sont sur vos étagères, peut-être qu’en plus du tri de vos livres, il faudrait aussi revoir votre collection d’amis… Une personne cultivée n’a pas besoin de montrer ses livres: ne faites pas de vos livres une béquille pour l’estime de soi.

Suscitez l’intérêt des autres par ce que vous êtes, pas par ce que vous possédez…