Vidéo: Le minimalisme, c’est quoi?

“Souvenez vous toujours que très peu est nécessaire pour mener une vie heureuse”
Marc Aurèle, Pensées pour moi-même

Une vidéo (de la chaîne Arte, durée environ 4 mns) pour comprendre ce qu’est le minimalisme. 

Bien entendu cet exemple est extrême, et il ne faut pas utiliser comme excuse le fait de ne pas vouloir ressembler aux deux personnes présentées dans le film pour ne pas simplifier sa vie. Il y a différents degrés de minimalisme. Débarrasser un tiroir de son surplus de stylos et trombones, donner un sac de vêtements qu’on ne met plus, c’est déjà faire un pas dans la bonne direction.

J’adhère pour ma part à un minimalisme rationnel, selon le terme de Joshua Becker du blog Becoming Minimalist (un minimalisme qui tient compte de votre environnement, du nombre de membres de votre famille, de vos activités, etc.) ou encore au principe défini par Dominique Loreau, auteur de L’Infiniment peu et L’Art de l’essentiel: “Ne gardez que ce qui vous est utile et ce que vous trouvez beau”.

Coloriez un mandala

“Demeure centré, n’excède pas tes capacités. Elargis-toi à partir de ton centre et reviens à ton centre.”
Extrait du Petit Manuel du Bouddha, adapté par Jack Kornfield

MandalaPour combattre le stress, dans un moment d’extrême tension nerveuse et de dispersion mentale, avez-vous essayé de colorier un mandala ?

Les mandalas (mot qui signifie « cercle sacré » en sanscrit) sont des diagrammes concentriques très colorés qui pour les bouddhistes et les hindouistes ont un sens à la fois rituel et spirituel. Ils sont utilisés dans ces traditions religieuses comme aides à la méditation. Le psychanalyste Carl Jung les considérait comme des représentations du moi inconscient, et les utilisait pour traiter ses patients…

Il existe sur Internet des sites qui mettent à disposition gratuitement des mandalas à imprimer et à colorier. Pourquoi un mandala plutôt que n’importe quel autre motif ? Parce que les mandalas sont apaisants à contempler.  Leur symétrie et la répétition de leurs motifs est un repos pour l’œil, ils vous aident à retrouver la sérénité. Les motifs sont relativement petits (rien de plus lassant que d’avoir à remplir d’une seule couleur une grande surface), le coloriage demande précision et concentration, ce qui permet d’oublier momentanément ses soucis et de retrouver le calme intérieur. Votre espace de liberté et de créativité est dans le choix des couleurs. Colorier de l’extérieur vers l’intérieur aiderait à retrouver son calme…

Pourquoi ne pas simplement dessiner pour se détendre ? Parce que nous ne sommes pas tous des Rembrandt et que s’adonner à une activité dans laquelle on ne se sent pas à l’aise peut être un challenge, mais pas toujours un moyen de relaxation…  De plus, que dessiner ? Le choix n’est pas toujours un plus quand il s’agit de retrouver sa sérénité (on parle bien d’ « embarras » du choix). Commencez donc par colorier un mandala, et, si cette activité vous est agréable, vous pourrez ensuite créer vos propres mandalas, ou remplir les espaces de sable coloré: un mandala de sable, éphémère, nous rappelle l’impermanence des choses… Il n’y a pas de règle quand aux motifs utilisés et au nombre de leurs occurrences, mais il existe dans le commerce des livres pour vous y aider.

Proposer un mandala à colorier est aussi un bon moyen de calmer et recentrer un enfant agité…

 Alors adultes ou enfants : tous à vos mandalas…

Livre à découvrir: “Vivre content”, de Jean-Louis Servan-Schreiber

Jean-Louis Servan-Schreiber est né en 1937 à Boulogne-Billancourt. Journaliste, patron de presse et essayiste, il a fondé le magazine L’Expansion après avoir collaboré à L’Express, créé par son frère Jean-Jacques. Il a racheté Psychologies Magazine, dont il est à la tête depuis 1997. Il est l’oncle du regretté David Servan-Shreiber, auteur de Guérir et de Anticancer.

Dans Vivre Content, Jean-Louis Servan-Schreiber fait le bilan de sa vie, la soixantaine venue, et nous donne ses recettes pour bien vivre. À la notion de bonheur, qui porte le goût d’un absolu inaccessible, il préfère celle de contentement. J’ai trouvé dans ce recueil plusieurs pistes intéressantes, et plusieurs idées qui trouvaient écho en moi, c’est pourquoi j’en parle ici dans la rubrique “les inspirations”.

Voici quelques citations choisies, parmi les thèmes abordés par l’auteur:

  • Le réel:
    “Le but de toute thérapie est de nous permettre de voir un peu plus les choses comme elles sont, avec le moins de préjugés et d’illusions possible. Sénèque l’avait formulé parmi les premiers: “ Ce qui nous fait du mal ce ne sont pas les choses, mais l’opinion que nous nous faisons d’elles”.[…] Pour que la vie me soit la moins pénible possible, il est à ma portée d’agir un peu sur les événements, et bien plus sûrement sur l’effet qu’ils me font.
  • L’action:
    “Comment ne serions nous pas paralysés, et pour certains, déprimés par ce décalage radical entre nos limites et l’infini dont nous faisons partie ?Pourtant, il faut bien vivre, et, dans ce but commencer par nous rasséréner. C’est là qu’intervient à point nommé l’action, dont le principal mérite est de ramener le vaste univers à notre mesure. Car en nous engageant dans un projet quelconque, nous sommes libérés, au moins un temps, de pouvoir spéculer sur tout ce que nous aurions pu faire d’autre.
  • Le temps:
    “J’ai eu la chance de sentir très tôt que je ne serais jamais content à l’intérieur d’un temps trop tendu. En même temps, j’aime l’action et ne supporte pas tellement mieux que mes heures soient flasques, comme une voile sans vent. Ne pas mettre assez de vie dans mes journées ou mes années serais ne pas savoir profiter de la denrée la plus précieuse, la plus rare, la plus fugace qui me soit accordée en naissant. En mettre trop me garantit le malaise et l’inaptitude à savourer les joies et les douceurs de mon passage terrestre. Car un plaisir coincé entre deux autres activités ne peut livrer toute sa saveur.
    D’où cet “art du temps” qui constitue à mes yeux le socle de tout art de vivre.”
  • Le risque:
    “ On lit quelquefois, dans les livres de management, que mieux vaut une mauvaise décision que pas de décision du tout. Une affirmation moins idiote qu’elle n’en a l’air, car le temps de notre vie est un tapis roulant qui avance, que nous agissions ou non.
    Il peut être préférable de corriger après coup que de se figer dans l’indécision. Choisir, un peu chaque jour, c’est aussi se simplifier la vie.
  • L’impermanence:
    Après avoir pris en compte l’idée d’impermanence, je suis devenu moins impatient, car j’ai compris qu’attendre demain, c’était me voler d’aujourd’hui.
  • L’acceptation:
    “Ils [les bouddhistes] nous suggèrent de lutter contre notre habitude systématique de vouloir faire plusieurs choses à la fois: dîner et causer, lire et entendre de la musique, conduire et téléphoner, faire l’amour et réviser les événements de la journée. Accepter que ce soit dans les activités les plus simples que réside une part de notre épanouissement demande, aux Occidentaux que nous sommes, un certain entraînement. Pour l’avoir essayé (je suis encore loin de l’objectif), je peux garantir des gratifications concrètes.”
  • Le courage:
    “Courage de renoncer et de simplifier: […]“Trop de tâches, de tentations, de sollicitations risquent de me fragmenter dans l’hyperactivité. Le manque de respiration nous guette tous. Pour rester en bonne santé mentale et corporelle je dois périodiquement faire le ménage dans mes responsabilités, mes centres d’intérêt, voire mes relations.”
  • Le quotidien:
    “La majorité de nos quotidiennetés ont pour but de nous être bénéfiques: elles entretiennent notre corps ou la qualité de notre environnement (propreté, rangement, esthétique). Elles peuvent aussi stimuler notre créativité, comme la cuisine, qui est aussi une offrande aux autres. Souvent, par lassitude, nous effectuons ces tâches en ne considérant plus que leur côté nécessairement répétitif (c’est fou ce que nous mangeons fréquemment!) et en oubliant que nous en sommes les bénéficiaires directs.”
  • L’égo:
    Le limage de notre égo sera le travail de toute une vie. Il nous en restera toujours assez pour les quelques occasions où il pourrait se révéler utile, afin de ne pas nous laisser ballotter par les imperfections du monde ou le manque de bienveillance de nos semblables.
    […] Il est toutefois recommandé, une fois vieux, d’avoir appris à se réjouir de l’existence des autres, bien plus que de la sienne propre. C’est de la simple prudence, car avec le temps, nous perdons la puissance d’imposer notre égo alentour.[…] Risque funeste: si l’on n’est pas parvenu à admettre à quel point on est sans importance, on risque d’ajouter l’amertume aux rhumatismes.”
  • La sagesse:
    “l’adhésion à l’instant, le ici et maintenant, campe déjà sur le territoire de la sagesse.
    Cette même illusion sur nos capacités à dompter la nature ou à pacifier les peuples nous ramène à des ambitions plus modestes, plus réalistes, sans être pour autant faciles: nous maîtriser en priorité nous-mêmes.
    Le travail sur soi n’est-il pas l’ouvrage inlassable du sage?”

Et enfin, JLSS semble être un minimaliste qui s’ignore quand il déclare:

“Mortifère, aussi, le culte si répandu des objets, qui commence en cour de récréation, pour posséder autant de billes que les copains, et peut se développer ultérieurement en passion de collectionneur, qui place une partie de sa recherche de sens dans l’accumulation matérielle. Ce peut être aussi bien des étagères de tabatières qui prennent la poussière, qu’une maison dont on ne profite pas, faute de temps”

Conclusion: Vivre content est un ouvrage riche en enseignements, que je ne peux que conseiller…